Vous avez peut-être entendu parler des « détecteurs d'IA » : des outils qui prétendent deviner si un texte — un CV, une lettre de motivation — a été écrit par une intelligence artificielle. Certains candidats s'en inquiètent ; certains recruteurs s'en servent. Une mise au point s'impose, car ces outils sont beaucoup moins fiables qu'on ne le croit.
Ces détecteurs signalent les textes qu'ils jugent « trop prévisibles ». Le problème saute aux yeux : un texte clair, bien structuré et conventionnel — c'est-à-dire exactement ce qu'on attend d'un bon CV ou d'une bonne lettre — paraît « prévisible »… et se retrouve étiqueté « écrit par une IA ».
Des outils ont classé la Constitution des États-Unis comme « écrite à 92 % par une IA », et la Déclaration d'indépendance à « 98 % » — des textes rédigés au XVIIIᵉ siècle, bien avant l'informatique. Si même ces documents sont « détectés » comme générés par une IA, c'est que la méthode est fondamentalement peu fiable.
Que vous écriviez dans votre langue maternelle ou non, le constat est le même : ces outils peuvent se tromper sur votre texte, et il n'existe aucun moyen de « prouver » que vous ne les avez pas utilisés.
Un CV ou une lettre sincères, écrits de votre main, peuvent être faussement étiquetés « IA » — sans possibilité de vous défendre. Le comble : plus votre texte est soigné et bien organisé, plus il risque d'être signalé. Il serait absurde de laisser un logiciel imparfait décider de votre valeur.
Vous valez bien mieux que le verdict d'un algorithme.
Bien à vous,
Didier FELICE
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Sources : université de Stanford (HAI), « AI Detectors Biased Against Non-Native English Writers » — hai.stanford.edu ; cas de la Constitution américaine signalée comme « écrite par IA » — Wikipedia (GPTZero).
Avant de partir…
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